Présentation
Lors du vernissage de l’exposition Me, myself and I, projet de fin de maîtrise d’Andy Eychenne, une intervention furtive de Patrick Nicastro s’est produite, annoncée à demi-mots. Sous le titre Bureau d’admission | Galerie UQO, son intervention est présentée dans le cadre de la fin de sa maîtrise en muséologie et pratiques des arts (concentration en pratiques des arts) à l’École des arts et cultures (ÉdAC).
Dans une intervention à mi-chemin entre performance et art relationnel, Patrick Nicastro joue le rôle du préposé à l’accueil. Il surprend les visiteur·euses du vernissage par l’obligation inhabituelle pour une galerie universitaire de porter un bracelet d’admission.
Les bracelets se déclinent en cinq couleurs, sous-entendant une catégorisation des visiteur·euses, bien qu'ils soient en réalité distribués de manière aléatoire. L’artiste cherche ici à susciter un sentiment de fragilisation. Sans indice sur la couleur attribuée, seule la reconnaissance de pairs aux bracelets de couleur identique semble pouvoir informer le choix de celle-ci.
L’intervention ayant lieu au seuil extérieur de la galerie interroge les façons dont se conçoit l’univers commissarial, en lui injectant une proposition déstabilisante appartenant plutôt à un exercice de gestion des entrées propres aux événements populaires.
En interpellant certain·es visiteur·euses une deuxième fois, sous prétexte d'une erreur concernant la couleur du bracelet attribué, Nicastro met son propre rôle en jeu, au risque de faire tomber son masque et de divulguer le subterfuge. En intervenant une deuxième fois, sans apporter plus d’explications quant au code de couleur, il accepte de se rendre vulnérable à son tour, mais surtout, il vient brouiller les liens tacites entre les visiteur·euses.
Dans le cadre d’une recherche-création entamée il y a trois ans, durant sa maîtrise en muséologie et pratiques des arts à l’UQO, Patrick Nicastro a produit des propositions axées sur la création de liens. Ces propositions, qui se veulent des dispositifs de collaboration, explorent l’idée selon laquelle les liens interpersonnels forment les espaces communautaires. Notons qu'il s’agit d’espaces collectifs improvisés hors des murs de la galerie universitaire. Dans chacune de ces propositions, il invite les participant·es à réfléchir collectivement à la création d’espaces relationnels à travers le dialogue et l’action. Le médium est toujours constitué des liens informels qui se formalisent durant les échanges. Par le biais de la proposition actuelle lors du vernissage de l’exposition Me, myself and I, présentée dans un contexte artistique académique, il entame une réflexion sur les liens formés entre visiteur·euses et l'exposition.
- Patrick Nicastro
Remerciements
Patrick Nicastro tient à remercier la professeure Valérie Yobé pour son appui, la Galerie UQO pour l’espace d’exposition, ainsi que la Fondation de l’UQO et le Décanat de la recherche et de la création de l’UQO pour leur soutien.
intervenant·es
Patrick Nicastro est un artiste multidisciplinaire, qui interroge la convivialité dans sa démarche, afin de favoriser des liens entre citoyens. Il considère les relations humaines comme un matériel de base pour sa pratique. Œuvrant depuis longtemps dans le milieu de la culture, il détient un baccalauréat en histoire et théorie de l’art de l’Université d’Ottawa, une scolarité de maîtrise en histoire de l’art de l’Université de Montréal et un certificat en philosophie de l’Université Laval. Actuellement, il termine sa maîtrise en muséologie et pratique des arts à l’UQO.