[Artiste cherche commissaire] est d’abord un geste artistique qui prend position dans le milieu des arts visuels. Il est ensuite une conversation entre deux pratiques, l’une artistique, l’autre commissariale, qui cherchent à entrer en résonance avec d’autres expériences de collaboration.
En 2022, l’artiste Cindy Dumais lance un appel intitulé [Artiste cherche commissaire]. Dans le contexte du cycle d’œuvres et d’expositions ENTRETIENS, pour lequel elle travaille à partir de premiers jets d’auteur·rices, elle souhaite alors créer l’opportunité d’un dialogue avec un·e commissaire. Quelques semaines plus tard, Véronique Leblanc visite son atelier avant de répondre à l’appel : « légèrement espiègle et bien ancré dans le désir de s’épanouir comme artiste en région, le texte me semble renverser de potentiels rapports de pouvoir entre commissaires et artistes, mais aussi entre centre et périphérie, que ma pratique du commissariat tente également de désamorcer ».
[Artiste cherche commissaire] est d’abord un geste artistique qui prend position dans le milieu des arts visuels. Il est ensuite une conversation entre deux pratiques, l’une artistique, l’autre commissariale, qui cherchent à entrer en résonance avec d’autres expériences de collaboration. Ce projet s’inscrit à la fois dans la matérialité textuelle et la narrativité matérielle qui forment la substance de la pratique de Cindy Dumais et dans l’investigation en terrains de recherche partagés qui définissent la démarche de Véronique Leblanc. Il soulève des préoccupations quant à la superposition des aspects systémiques et intimes des notions de travail et de soin. La poursuite d’une conversation à plus long terme, avec la possibilité d’en laisser émerger quelque chose comme un projet en soi, est au centre de cette proposition.
Les recherches de Cindy Dumais se concentrent sur la transposition du langage vers la matière, questionnant l’identité et la référence à travers l’expérience du corps physique. Le format dans lequel elle travaille le plus souvent est l’installation à l’intérieur de laquelle une diversité de matériaux et de médiums sont mis en relation. Ces expériences visuelles et spatiales de la narration créent des constellations formelles, intertextuelles et intellectuelles. Elle a présenté une quinzaine d’expositions individuelles et près d’une cinquantaine d’expositions collectives au Canada et à l’étranger. Ses œuvres ont été acquises dans des collections privées et des collections publiques, dont le Musée national des beaux-arts du Québec, le Musée d’art contemporain de Montréal et la Collection Loto-Québec. En 2021, elle reçoit le Prix de la créatrice de l’année au Saguenay Lac-Saint-Jean décerné par le Conseil des arts et des lettres du Québec. Depuis 2005, elle tient le double rôle d’autrice et d’éditrice auprès de la maison de microédition LaClignotante et elle a cofondé le collectif d’artistes AMV/Art-Mobilité-Visibilité. Elle habite à Canton Tremblay.
Véronique Leblanc est commissaire indépendante, autrice et travailleuse culturelle. Les pratiques artistiques qui fondent son approche du commissariat sont souvent contextuelles, performatives et collaboratives. Parmi ses plus récents projets d’expositions, on retrouve : Cueillir (AdMare, Îles-de-la-Madeleine, 2023-2026), Anne-Marie Ouellet. Cohésion (Musée d’art de Joliette, 2023), ORANGE, Cultiver l’humilité | M8jagen piwihozw8gan, avec Elise Anne LaPlante (Saint-Hyacinthe et Kamouraska, 2022), Franchissements (Galerie UQO, 2021), Chto Delat? Pratiques performatives de notre temps (Vox, 2018), Richard Ibghy & Marilou Lemmens. La vie mise au travail (Galerie Leonard & Bina Ellen, Montréal, 2016), et Polyphonies (Optica, Montréal, 2015). Depuis 2023, elle codirige avec Elise Anne LaPlante, l’Association des groupes en arts visuels francophones (AGAVF), qui réunit des centres, regroupements et collectifs d’artistes des communautés francophones en situation minoritaire au Canada. Elle envisage les projets d’exposition qu’elle met sur pied et les aventures pédagogiques et administratives dans lesquelles elle s’implique comme des occasions d’apprentissage partagées.