C’est ce procédé linguistique misant sur les associations de mots étrangers, les combinaisons et permutations de préfixes et suffixes, ouvrant ainsi la langue aux sonorités et significations étrangères en révélant les forces hétérogènes qui la traverse, qui a donné envie à Deschamps de faire de «l’écho» le moteur de L*.
Exposition présentée en collaboration avec la Fonderie Darling.
La fascination de Marie-Michelle Deschamps pour les langues, les glissements de sens, la graphie et la calligraphie, les matériaux du langage, qu’il s’agisse du graphite, du papier comme support ou de la voix comme organe, l’a menée naturellement vers la figure de Louis Wolfson, linguiste à la méthode singulière, qui a par la suite informé tout un pan de ses recherches. «Étudiant de langues schizophrénique», Wolfson habite l’espace d’exposition de Deschamps, telle une présence en creux au cœur de toutes les conversations qui composent son projet.
Le visiteur est invité à pister sa trace au fur et à mesure de sa déambulation et de ses lectures. Tour à tour il passe devant sa table et ses outils de travail ; l’imagine à sa fixation sur les modes de prononciation dépendant de l’emplacement de la langue dans son rapport au palais et aux maxillaires; ou le reconnaît dans sa compulsion à épuiser le sens d’un mot en lui faisant subir un processus de traduction qui l’ouvre aux effets des coïncidences, des émotions et de la subjectivité. Sa méthode d’apprentissage, ou plutôt de désapprentissage, implique un processus d’associations d’idées et de déclinaisons phonétiques et sémantiques afin de remplacer l’anglais, sa langue maternelle avec laquelle il entretient un rapport trouble, en permutant ses vocables avec d’autres issus du russe, du français, de l’hébreu et de l’allemand.
C’est ce procédé linguistique misant sur les associations de mots étrangers, les combinaisons et permutations de préfixes et suffixes, ouvrant ainsi la langue aux sonorités et significations étrangères en révélant les forces hétérogènes qui la traverse, qui a donné envie à Deschamps de faire de «l’écho» le moteur de L*. D’où l’invitation à cinq artistes qui s’intéressent à la langue (en tant que système) et au langage (en tant que fonction d’expression et de communication qui recourt au code qu’est la langue) à mettre en résonance leur pratique artistique avec la sienne.
Swetlana Heger
OFFLINE — HORS LIGNE
2018-En cours
OFFLINE — HORS LIGNE est une œuvre d'art conceptuelle qui s’exécute en suivant une seule consigne : être hors ligne pendant toute une journée. Le musée ou institution détermine quelle sera sa journée annuelle OFFLINE — HORS LIGNE et cette consigne doit être suivie par l’ensemble du personnel. La participation du musée ou de l'institution devient partie intégrante de l'œuvre. La non-production se matérialise dans l'action.
Swetlana Heger
OFFLINE
2018-ongoing
“OFFLINE” is a conceptual artwork consisting of a simple instruction: to be offline for a day. The annual OFFLINE day is decided by the museum/institution and is followed by all employees. The museum/institution’s participation becomes an integral part of the artwork. The non-production materializes in action.