La performance et le poids des objets : décaisser et exposer

Raphaëlle de Groot

En collaboration avec le Musée des beaux-arts du Canada, le Groupe de recherche et de réflexion CIÉCO ainsi que l’Équipe Art et musée.

2026
4 Nov
12 Dec
Lieu
Galerie UQO

Présentation

Pour la première fois depuis son acquisition par le Musée des beaux-arts du Canada en 2017, Raphaël de Groot présentera Le Poids des objets – Les Actes (2009-2016), une œuvre réunissant 1500 objets récoltés par l’artiste, dont toutes les étapes d’entreposage seront présentées au public. L’exposition performative d’une durée de six semaines rend visible le processus normalement inaccessible de la préservation des objets en contexte muséal, tout en poursuivant la réflexion de l’artiste sur le soin que l’on peut porter à la trace.

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Raphaëlle de Groot développe une pratique socialement engagée au moyen de la performance, du dessin, de la sculpture et de l’installation. Sa démarche interdisciplinaire s’articule autour du processus créatif, du corps en action, de la récolte d’objets et récits, ainsi que la collaboration avec diverses communautés. Figure incontournable de la scène artistique québécoise et canadienne, Raphaëlle de Groot poursuit une réflexion approfondie sur la trace, l’accumulation, la mémoire, le soin, l’échange et la précarité. Elle a, en outre, exploré le potentiel révisionniste de plusieurs collections historiques et ses œuvres ont été acquises par de nombreux musées. Son importance institutionnelle et critique a également été consacrée par l’obtention du Prix artistique Sobey en 2012 et la présentation de son travail à l’international.

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Cette exposition met en valeur Le Poids des objets – Les Actes (2009-2016), l’œuvre la plus ambitieuse de Raphaëlle de Groot à avoir été réalisée. Cette œuvre, dont est tiré le titre de l’exposition, rassemble environ 1 500 objets embarrassants dont les propriétaires ne parviennent pas à se défaire. Offerts à l’artiste dans le cadre de diverses interventions menées sur sept ans de part et d’autre du pays ainsi qu’à l’étranger, ces objets ont ensuite été emboîtés les uns dans les autres et réunis dans une caisse de transport où ils ont cohabité, jusqu’à leur acquisition par le Musée des beaux-arts du Canada. Cette œuvre ambitieuse est présentée pour la toute première fois depuis son acquisition à la Galerie UQO. C’est l’occasion pour la Galerie de rendre ces objets visibles à nouveau, et de compléter la documentation et le protocole de mise à vue de l’œuvre. Du 4 au 25 novembre, les objets sont ainsi tour à tour décaissés, observés, documentés, puis installés en salle devant public et ce, par l’artiste, le Musée, la Galerie et par une relève étudiante en musées d’art. À mi-étape, l’œuvre sera activée par la performance, et ce avec la contribution du public, à la suite de quoi les objets seront réencaissés, du 25 novembre au 12 décembre. L’exposition transforme ainsi les gestes de soin, de documentation et d’exposition en une performance s’inscrivant dans la durée, sur six semaines.

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Le travail méthodique de documentation, qui est à compléter par le Musée pour chaque acquisition, est amplifié ici en raison des besoins singuliers d’une œuvre qui mobilise des ressources exceptionnelles. En plus d’effectuer un constat d’état, les équipes du Musée et de la Galerie documenteront le procédé et rédigeront un protocole de mise à vue en prévision des présentations ultérieures. Avec ce protocole, Raphaëlle de Groot souhaite déléguer au Musée une part des responsabilités, afin que son œuvre à configuration et expression variables puisse être montrée, performée et exister en son absence. Les expertises complémentaires d’un musée national, d’une galerie universitaire et d’une chaire de recherche ont été réunies à cet effet. Au moyen d’une collaboration sans précédent entre diverses instances artistiques de l’Outaouais, de nouvelles relations régionales constructives ont été mises en place, réunissant des expertises complémentaires en vue d’améliorer la préservation et la valorisation de l’art contemporain. L’innovation de ce projet réside dans trois aspects. Il tient d’abord à la délégation au Musée d’une part des responsabilités de l’artiste, avec laquelle sont explorées l’étendue et les limites d’une œuvre muséalisée qui est particulièrement complexe. Elle repose ensuite sur une approche partenariale qui mobilise des expertises complémentaires permettant de répondre à cette complexité. Enfin, cette démarche contribue à accroître l’accessibilité de l’œuvre et, plus largement, à renouveler les conditions de préservation et de valorisation de l’art contemporain.

Artiste

Raphaëlle de Groot

Née à Montréal, Raphaëlle de Groot vit aujourd’hui entre le Québec et l’Apennin tosco-émilien, en Italie. Sa pratique multidisciplinaire prend forme à travers la rencontre de communautés et de territoires. Elle s’intéresse particulièrement à des dimensions de l’expérience humaine difficiles à représenter, telles que les sensations, le sentiment d’appartenance au monde et différents états d’attention, de présence et d’engagement. Son approche se distingue par des méthodes de participation ouvertes et collaboratives tissant des liens entre une pluralité de voix, de regards et de récits. Détentrice d’une maîtrise en arts visuels de l’UQAM (2007), elle présente son travail sur la scène canadienne et internationale depuis presque 30 ans dans de nombreux événements dont la Biennale de Venise (2013), Nuit Blanche à Paris (2019) et, plus récemment, au Busan MoCA en Corée du Sud (2025). Elle est récipiendaire du prix Pierre Ayot (2006) et du prix Sobey pour les arts (2012).

Résidence

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exposition

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Bon à savoir

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Balado

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Publication

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documents

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Remerciement

Partenariat

‍Ce projet est conjointement produit par la Galerie UQO, le Musée des beaux-arts du Canada et la Chaire institutionnelle de recherche en valorisation des transformations artistiques, culturelles et muséales. Il est réalisé dans le cadre des activités du Partenariat Des nouveaux usages des collections dans les musées d’art du Groupe de recherche et de réflexion de CIÉCO, du programme de Rayonnement national du Musée des beaux-arts du Canada, de l’Équipe Art et musée et du Développement partenariat Requalification documentaire en art contemporain. Il est rendu possible grâce au soutien financier de l'Université du Québec en Outaouais, du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, du Conseil des arts et des lettres du Québec, du Fonds de recherche du Québec et de la Ville de Gatineau. L’initiative Rayonnement national du Musée des beaux-arts du Canada est appuyée généreusement par Michael Nesbitt, avec du financement supplémentaire assuré par la Fondation du Musée des beaux-arts du Canada.

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Remerciements

‍L’artiste souhaite remercier Marie-Sophie Desaulniers pour sa complicité, son soutien chaleureux et son accueil généreux à Gatineau ainsi que Madeleine Forcier qui a fait un travail indispensable au moment de l'acquisition de l'œuvre Le poids des objets – Les Actes par le Musée des beaux-arts du Canada.La Galerie UQO tient à remercier le Musée des beaux-arts du Canada pour le prêt de l’œuvre Le Poids des objets – Les Actes (2009-2016) de l’artiste Raphaëlle de Groot, laquelle s’inscrit dans sa collection permanente d’œuvres d’art.

Commissariat

Mélanie Boucher

Mélanie Boucher est une chercheuse spécialisée en art contemporain des XXe et XXIe siècles de même qu’en muséologie d’art. Elle est professeure titulaire à l’Université du Québec en Outaouais (UQO), cofondatrice du Groupe de recherche et réflexion CIÉCO, directrice de l’Équipe Art et musée (FRQSC 2022-2030) et directrice du projet partenarial Requalification documentaire en art contemporain (CRSH 2026-2029). Dans le cadre du Partenariat Des nouveaux usages des collections dans les musées d’art de CIÉCO (CRSH 2021-2028), elle dirige les travaux de recherche de l’axe 3 (la collection élargie). Ses travaux actuels se concentrent sur les pratiques performatives, les œuvres variables et complexes ainsi que sur les modes d’exposition et de documentation qu’elles induisent. En 2023, elle a codirigé avec M. Fraser et J. Lamoureux l’ouvrage Réinventer la collection : l’art et le musée au temps de l’évènementiel (PUQ).

Site web

Josée Drouin-Brisebois

Josée Drouin-Brisebois est directrice du Rayonnement national au Musée des beaux-arts du Canada, où elle était auparavant conservatrice principale d’art contemporain. Elle a été commissaire de la 13e Biennale de Kaunas (2022) et a joué un rôle déterminant dans l’organisation de la participation canadienne aux Biennales de Venise : Steven Shearer (2011), Shary Boyle (2013), Geoffrey Farmer (2017) et Isuma (2019). Elle a organisé des expositions en Autriche, en Lituanie, en Italie et au Canada. Parmi ses projets récents, on compte la commande d’œuvres d’art à Christian Boltanski, Geneviève Cadieux, Liam Gillick, Rashid Johnson, Alicja Kwade, Lina Lapelytė, Laura Lima, Pakui Hardware, Augustas Serapinas, Emilia Škarnulytė et Althea Thauberger, entre autres. Elle est la commissaire coordonnatrice de l’exposition Erica Rutherford : ses vies, ses œuvres, organisée par la Galerie d’art du Centre de la Confédération en collaboration avec le Musée des beaux-arts du Canada, et la co-commissaire de l’exposition Joan Jonas : nous venons de la mer avec le Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse. Elle travaille présentement sur la rétrospective de Rodney Graham co-organisée avec la Vancouver Art Gallery.

Site web

Marie-Hélène Leblanc

Détentrice d’un doctorat en études et pratiques des arts de l’Université du Québec à Montréal (2024), Marie-Hélène Leblanc est directrice et commissaire de la Galerie UQO depuis 2015 et professeure associée à l’École des arts et cultures (UQO) depuis 2025. Sa pratique commissariale l’a amenée à produire une quarantaine de projets présentés dans diverses institutions au Québec, au Canada et en Europe. Elle est active au sein d’une chaire et d’une équipe de recherche et elle a siégé à de nombreux conseils d’administration, comités et commissions. Au cours des dernières années, elle a, entre autres, reçu le prix d’innovation en gestion de l’Université du Québec (2025), ainsi que le prix d’excellence (2025) et le prix relève (2018) de la Société des musées du Québec. Considérant l’exposition comme médium, elle se définit comme commissaire-faiseuse d’expositions-autrice-praticienne-chercheuse.

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