Le département des plantes

Catherine Lescarbeau

Depuis quelques années, Catherine Lescarbeau a mis en place un département fictif pouvant prendre place à l’intérieur de différentes institutions et dont le principal objet d’étude est la plante d’intérieur.

2016
16 Jun
21 Aug
Lieu
Fonderie Darling

Présentation

Depuis quelques années, Catherine Lescarbeau a mis en place un département fictif pouvant prendre place à l’intérieur de différentes institutions et dont le principal objet d’étude est la plante d’intérieur. Selon l’artiste, les plantes d’intérieur évoquent une forme de résidus naturels dans un lieu de travail et sont souvent utilisées pour domestiquer des espaces institutionnels et corporatifs austères. Toujours investiguées selon leur contexte institutionnel, ces plantes agissent comme une sorte d’interface entre nature et culture dans divers environnements de travail.

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Ce projet de département prend racine dans une recherche effectuée en mars 2013 à la Bibliothèque du Musée des beaux-arts du Canada au sujet de l’exposition N.E. Thing Co. Environment (1969) du collectif d’artistes composé de Iain et Ingrid Baxter. Le département des plantes de bureau1 de Catherine Lescarbeau prend alors forme et s’inscrit dans la poursuite de recherches conceptuelles et formelles au sujet de projets qui intègrent la plante, dont celui de la N.E. Thing Co., mais aussi les projets Recent Plants (1980) de Garry Neil Kennedy, Un jardin d’hiver (1974) de Marcel Broodthaers et One and Three Plants (1965) de Joseph Kosuth. Catherine Lescarbeau travaille non seulement avec la citation, mais aussi en collaboration. Le département des plantes est développé comme un département à part entière et tributaire de l’implication de nombreuses personnes, notamment un botaniste, un photographe et une designer-auteure.

Le plus récent projet de recherche du département a pris place à l’Université du Québec en Outaouais (UQO)2. Sur une période d’un an, lors d’une série de résidences réalisées à l’université3, Catherine Lescarbeau a parcouru les différents lieux (bureaux, espaces de circulation) à la recherche de plantes vivant au sein de l’institution. Lors de cette collecte de données, tous les spécimens de plantes trouvés ont été photographiés, localisés et, avec l’aide d’un botaniste, identifiés pour ainsi constituer un inventaire exhaustif de toutes les plantes de l’UQO. L’ensemble de ce projet se démarquait par son développement contextuel dans une institution académique, mais aussi par le tracé de circuits hors du cadre habituel de création et de diffusion. De plus, la forme du projet a permis de rendre visible la structure organisationnelle de l’université perçue sous l’angle de la présence de la plante institutionnalisée. Ce projet développé à partir du statut de la plante au sein de l’UQO reposait sur une construction sémantique et fictive de ce que représente un département, en l’occurrence celui des plantes de bureau. À la fin des résidences de travail, dans le cadre du projet d’exposition à la Galerie UQO, Catherine Lescarbeau a présenté le résultat de ses recherches qui ont notamment permis d’identifier les spécimens de plantes les plus récurrents présents dans l’université, mais aussi l’endroit où le plus grand nombre de plantes a été trouvé.4

Dans le cadre de l’exposition à la Fonderie Darling, une deuxième itération du projet est proposée. Une attention particulière est portée à la matrice historique du projet, ce qui permet de mettre en lumière le cadre méthodologique qui régit les actions du département. Déployées lors de l’enquête réelle réalisée à l’UQO, ces actions sont reprises pour amorcer une enquête potentielle qui porterait sur les plantes de bureau de la Fonderie Darling. Les différents registres institutionnels tels que le bureau, le département et l’espace d’exposition convergeront dans la petite galerie de la Fonderie Darling où les normes de présentation issues du domaine de la botanique coexisteront avec les codes de la mise en exposition. Ce chevauchement entre les fondements historiques du département des plantes et les récentes enquêtes participera à donner une vision d’ensemble des potentialités de ce département ayant de grandes ambitions.

Notes

1. Initialement nommé Le département des plantes de bureau depuis le début du projet, nous avons par ailleurs choisi de simplifier le nom pour Le département des plantes dans le cadre de la présente exposition à la Fonderie Darling.

2. L’exposition Le département des plantes de bureau a eu lieu du 4 mai au 4 juin dernier 2016 à la Galerie UQO.

3. Pavillons Alexandre-Taché et Lucien-Brault de l’UQO à Gatineau.

4. C’est dans les locaux du Service des finances (E-1400, Pavillon Alexandre-Taché) que le plus grand nombre de spécimens de plante a été trouvés.

Artiste

Catherine Lescarbeau

Artiste multidisciplinaire, Catherine Lescarbeau s’intéresse à la relation entre l’art conceptuel et la critique institutionnelle ainsi qu’à la pertinence de ces approches aujourd’hui. Elle articule ses plus récentes recherches autour de la plante d’intérieur. En focalisant ses recherches sur cet objet, l’artiste vise à développer une interface lui permettant de réfléchir la relation entre culture et nature à l’intérieur des espaces corporatifs et institutionnels. Elle poursuit actuellement des études de doctorat en études et pratiques des arts à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Elle a participé à plusieurs expositions solos et collectives et présenté différentes performances dans des lieux de diffusion à Montréal et au Québec (Galerie UQO, Galerie Leonard & Bina Ellen, La Mirage). Elle enseigne les arts visuels au niveau collégial et s’implique au sein du conseil d’administration d’AXENÉO 7 à Gatineau.

exposition

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Bon à savoir

Exposition hors les murs

Balado

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Publication

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documents

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Remerciement

L’artiste tient à remercier les collaborateurs à ce département : Alexe Houtart (graphiste-auteure), François Lambert (botaniste) et Guilhem Molinier (artiste et photographe).

Commissariat

Marie-Hélène Leblanc

Détentrice d’un doctorat en Études et pratiques des arts de l’UQAM, Marie-Hélène Leblanc occupe le poste de directrice et commissaire de la Galerie UQO à l’Université du Québec en Outaouais depuis 2015. Sa pratique commissariale l’a conduite à produire plus d’une trentaine de projets présentés dans diverses structures d’exposition au Québec, au Canada et en Europe. Entre 2006 et 2015, elle a travaillé dans des centres d’artistes autogérés, a été commissaire indépendante et a aussi enseigné les arts visuels au collégial et à l’université. En 2018, elle recevait le Prix Relève de la Société des musées du Québec et en 2013, elle recevait la Bourse Jean-Claude-Rochefort sur le commissariat ou la critique d’art contemporain de la Fondation de l’UQAM. Elle a siégé à de nombreux conseils d’administration, notamment ceux de l’Association canadienne des galeries d’art universitaires et collégiales (UCAGAC/ACGAUC), du Regroupement des centres d’artistes autogérés du Québec (RCAAQ) et de Culture Outaouais. Professeure associée à l’École des arts et cultures (UQO) depuis 2025, Marie-Hélène Leblanc est cochercheuse de la Chaire de recherche en économie créative et mieux-être du FRQSC (axe culture en région, dir. : Julie Bérubé, UQO) et de l’Équipe Art et musée, du projet de recherche et création Créer avec les collections, soutenu également par le FRQSC (dir. : Mélanie Boucher, UQO).

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