L’exposition prospective est l’aboutissement de la résidence de création de Geneviève Matthieu et prend place à la Galerie UQO.
Ayant eu une entière liberté pour réagir à leur propre histoire, à leur pratique des dernières années, ainsi qu’à l’institutionnalisation de celle-ci, les artistes sont invités à se projeter en élaborant une exposition inédite et évolutive, en revisitant un corpus existant pour en créer un nouveau.
Cette exposition est en résonance et en continuité avec la rétrospective présentée précédemment au Centre VOART. Elle provoque des discussions et des échanges entre les commissaires et le duo d’artistes. Relativement au mandat de la Galerie UQO, la nature de ce projet s’inscrit dans le prolongement des réflexions sur l’exposition en tant que médium. Il s’agit ainsi de penser l’exposition, mais aussi l’usage de la rétrospective comme un matériel critique où les artistes ont la liberté de réagir à la proposition commissariale. L’exposition sera suivie d’un colloque sur la performance au Québec et la place qu’occupe la pratique de Geneviève Matthieu.
Le projet Si les choses étaient différentes, nous ferions autrement, composé à la fois d’une exposition rétrospective, d’une résidence de création, d’une exposition prospective et d’un colloque, met en perspective la pratique de Geneviève Matthieu de 1997 à aujourd’hui. Élaboré par les commissaires Carmelle Adam, directrice administrative et artistique de VOART – Centre d’exposition de Val-d’Or et Marie-Hélène Leblanc, directrice et commissaire de la Galerie UQO en collaboration étroite avec les artistes, l’ensemble des activités de ce grand projet permet de présenter le cheminement d’un des duos artistiques les plus influents au Canada, tout en proposant à Geneviève Matthieu d’être entièrement impliqué·es dans le processus de relecture historique de leur pratique, mais aussi d’apporter un regard critique à la démarche commissariale et d’envisager, en quelque sorte, la suite de leur parcours artistique. Il s’agit ainsi de penser l’exposition comme un matériel critique où les artistes ont la liberté de réagir à la proposition commissariale.
Ce projet inédit a donc pour objectif d’agir comme moment-pivot de la carrière du duo artistique autour de différentes postures, soient celles des commissaires du projet, celles des artistes Geneviève Matthieu, ainsi que celles de plusieurs collaboratrices et collaborateurs. L’initiative du projet Si les choses étaient différentes, nous ferions autrement est motivée par la documentation et la théorisation de leur travail, développées en parallèle au projet, dans un espace universitaire et en institution muséale. Le duo d’artistes est consulté et impliqué dans chaque étape de développement et de réalisation de ce projet qui questionne le devenir en mouvement de leur pratique artistique, dans une approche critique et (dé)constructive de la forme rétrospective muséale.
Ce duo d’artistes, actif depuis 1997, a considérablement contribué à l’histoire de la performance artistique canadienne et a bénéficié d’un rayonnement local, national et international. Les deux artistes ont également travaillé au centre d’artistes l’Écart pendant plus de 20 ans et mis sur pied la Biennale d’art performatif de Rouyn-Noranda. Développant leurs œuvres à travers l’interdisciplinarité, du happening à la composition musicale et de la performance à l’installation, ce duo a créé des représentations collectives et des mises en scène de tableaux sociaux. Leur pratique artistique, ancrée dans les arts visuels, la performance, la musique et la vie quotidienne, offre un regard critique, et parfois cinglant, sur l’art, son écosystème, et ses mouvements à la fois passés et actuels.
La Galerie UQO et VOART Centre d’exposition tiennent à remercier leurs partenaires dans ce projet : le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts du Canada, l’Université du Québec en Outaouais, la Ville de Gatineau, la Ville de Val-d’Or, le centre d’artistes autogéré SAW et le Théâtre du Trillium.
Détentrice d’un doctorat en Études et pratiques des arts de l’UQAM, Marie-Hélène Leblanc occupe le poste de directrice et commissaire de la Galerie UQO à l’Université du Québec en Outaouais depuis 2015. Sa pratique commissariale l’a conduite à produire plus d’une trentaine de projets présentés dans diverses structures d’exposition au Québec, au Canada et en Europe. Entre 2006 et 2015, elle a travaillé dans des centres d’artistes autogérés, a été commissaire indépendante et a aussi enseigné les arts visuels au collégial et à l’université. En 2018, elle recevait le Prix Relève de la Société des musées du Québec et en 2013, elle recevait la Bourse Jean-Claude-Rochefort sur le commissariat ou la critique d’art contemporain de la Fondation de l’UQAM. Elle a siégé à de nombreux conseils d’administration, notamment ceux de l’Association canadienne des galeries d’art universitaires et collégiales (UCAGAC/ACGAUC), du Regroupement des centres d’artistes autogérés du Québec (RCAAQ) et de Culture Outaouais. Professeure associée à l’École des arts et cultures (UQO) depuis 2025, Marie-Hélène Leblanc est cochercheuse de la Chaire de recherche en économie créative et mieux-être du FRQSC (axe culture en région, dir. : Julie Bérubé, UQO) et de l’Équipe Art et musée, du projet de recherche et création Créer avec les collections, soutenu également par le FRQSC (dir. : Mélanie Boucher, UQO).
Carmelle Adam est directrice administrative et artistique du Centre d'exposition Voart situé à Val-d'Or.