[I Don’t Want To Just] Paint The People
Artiste : Andrew Morrow
Commissaire : Marie-Hélène Leblanc
Du 9 septembre au 10 octobre 2026
Vernissage : mercredi 9 septembre à 17 h
Si Andrew Morrow, dans sa peinture et son dessin, aborde depuis une vingtaine d’années des thématiques aussi diverses que la peinture historique occidentale et la culture visuelle contemporaine, se penchant sur les questions de genre, de sexualité, de honte, de réconciliation et d'apocalypse, tout récemment il s'intéresse aussi à une réévaluation de la relation entre le modèle vivant et l’artiste. Ce que l’artiste définit comme une pratique « Relationally Based », où le travail en atelier s’ancre dans une approche relationnelle avec les modèles qui prennent pose, constitue le dénominateur commun des œuvres réunies dans cette exposition. Tous les individus agissant comme modèles pour l’artiste, sont considérés non seulement en tant que sujets dessinés ou peints, mais davantage comme des interlocuteur·trices actif·ves, dont la subjectivité est mise en valeur. Prenant forme lors de séances en atelier, les œuvres présentées ont en commun de souligner comment Morrow fait de l’atelier un lieu de rencontres où s’institue un lien social. Ses dessins et ses peintures sont autant de témoins et de traces des échanges qu’il entretient avec ses modèles. À travers plusieurs corpus dévoilés pour une première fois dans un même contexte, l’exposition révèle la méthodologie de travail de l’artiste qui permet de faire reposer sur les liens sociaux une pratique en atelier souvent isolée.
Les œuvres présentées traitent autant du médium lui-même (ici la peinture et le dessin), et d’une relation indéterminée avec la représentation, que des modèles représenté·es. Synthétisant souvent des figures multiples, des objets, des zones abstraites et des notes textuelles personnelles, la pratique actuelle de Morrow comprend des œuvres provisoires et gestuelles réalisées en temps réel pendant les séances de pose, ainsi que des œuvres plus longuement travaillées et plus abouties, réalisées par la suite seul en atelier.
En amont de l’exposition, la Galerie UQO deviendra pour quelques semaines un espace de travail pour l’artiste lors d’une période de résidence. Alors que le public sera invité à prendre pose lors de séances qui permettront l’élaboration de nouvelles esquisses, voire de nouvelles œuvres achevées, la galerie (tout comme son équipe et son public) pourrait devenir un modèle en soi.
La performance et le poids des objets : décaisser et exposer
Artiste : Raphaëlle de Groot
Équipe commissariale : Mélanie Boucher, Josée Drouin-Brisebois et Marie-Hélène Leblanc
Du 4 novembre au 12 décembre 2026
Vernissage : mercredi 25 novembre à 17 h
En collaboration avec le Musée des beaux-arts du Canada, le Groupe de recherche et de réflexion CIÉCO ainsi que l’Équipe Art et musée.
La performance et le poids des objets : décaisser et exposer est un projet mobilisant les savoirs et savoir-faire des domaines de l’exposition, de la performance et de la documentation de collections, en vue de compléter le processus d’acquisition d’une œuvre de Raphaëlle de Groot par le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC). La Galerie UQO, de même que le Groupe de recherche et de réflexion CIÉCO, s’associent à l’artiste et au MBAC dans ce projet qui regroupe des expertises complémentaires étant nécessaires à cette œuvre majeure, dont le titre formule la complexité. Le poids des objets — Les Actes (2009-2016) est une œuvre qui regroupe, en plus de vidéos et de documents variés, environ 1500 objets significatifs du quotidien, qui ont été donnés à Raphaëlle de Groot par des particuliers. Ces objets amassés au fil d’interventions tenues sur près de dix-sept ans, de part et d’autre du pays ainsi qu’à l’étranger, ont soigneusement été enchâssés dans une caisse de transport et demandent une activation performative par les équipes en place lors de sa mise en exposition. À la Galerie UQO, ces objets seront tour à tour décaissés, documentés et installés de manière à produire le protocole de mise à vue nécessaire pour cette œuvre à configuration variable. L’aspect novateur du projet, dont l’étendue et les limites possibles de configurations seront explorées, tient également à la délégation du protocole qui sera opérée lorsque l’œuvre sera restituée au MBAC. L’artiste souhaite remettre au MBAC une part des connaissances ainsi qu’une responsabilité avec lesquelles l’œuvre pourra exister au musée sans nécessiter l’apport décisionnel de l’artiste. La Galerie UQO devient, dans ce contexte, un espace d’expérimentations auquel des membres de la communauté étudiante sont invités à contribuer, et lors duquel Le poids des objets — Les Actes est progressivement rencontré.
[Artiste cherche commissaire]
Artiste : Cindy Dumais
Commissaire : Véronique Leblanc
Du 20 janvier au 20 février 2027
Vernissage : mercredi 20 janvier à 17 h
En 2022, l’artiste Cindy Dumais lance un appel intitulé [Artiste cherche commissaire]. Dans le contexte du cycle d’œuvres et d’expositions ENTRETIENS, pour lequel elle travaille à partir de premiers jets d’auteur·rices, elle souhaite alors créer l’opportunité d’un dialogue avec un·e commissaire. Quelques semaines plus tard, Véronique Leblanc visite son atelier avant de répondre à l’appel :
« légèrement espiègle et bien ancré dans le désir de s’épanouir comme artiste en région, le texte me semble renverser de potentiels rapports de pouvoir entre commissaires et artistes, mais aussi entre centre et périphérie, que ma pratique du commissariat tente également de désamorcer ».
[Artiste cherche commissaire] est d’abord un geste artistique qui prend position dans le milieu des arts visuels. Il est ensuite une conversation entre deux pratiques, l’une artistique, l’autre commissariale, qui cherchent à entrer en résonance avec d’autres expériences de collaboration. Ce projet s’inscrit à la fois dans la matérialité textuelle et la narrativité matérielle qui forment la substance de la pratique de Cindy Dumais et dans l’investigation en terrains de recherche partagés qui définissent la démarche de Véronique Leblanc. Il soulève des préoccupations quant à la superposition des aspects systémiques et intimes des notions de travail et de soin. La poursuite d’une conversation à plus long terme, avec la possibilité d’en laisser émerger quelque chose comme un projet en soi, est au centre de cette proposition.
Anahita Norouzi. Rift
Artiste : Anahita Norouzi
Commissaires : Ariane De Blois et Louise Déry
Du 10 mars au 10 avril 2027
Vernissage : mercredi 10 mars à 17 h
En collaboration avec le Musée d’art de Joliette et la Galerie de l’UQAM.
Anahita Norouzi. Rift est un double projet d’exposition qui interroge la notion de « progrès » comme instrument de domination coloniale à travers l’histoire de l’exploitation pétrolière en Iran. Si le projet de l’artiste émane de l’examen d’un cadre historique et géopolitique particulier, il contribue à ouvrir plus largement la réflexion sur le contexte actuel, alors que les problématiques croisées de la montée des impérialismes et de l’extraction abusive des ressources de la planète entrainent un déséquilibre planétaire qui menace des populations et fragilise l’avenir de l’humanité.
Dans ses nouvelles œuvres filmiques et installatives, l’artiste adopte une démarche de contre-prospection pour examiner comment les infrastructures pétrolières et culturelles ont été déployées conjointement pour contrôler corps et esprits. Tissées à partir de captations inédites sur le terrain et d’archives cinématographiques, les œuvres entrelacent bouleversements historiques, tragédies culturelles, et tensions entre visées expansionnistes et basculements révolutionnaires. Plus encore, les pièces explorent comment la modernisation coloniale a transformé la région en un espace spectral marqué par des ruines écologiques et la dépossession, révélant ainsi ce qui persiste aujourd’hui des dynamiques du passé. L’exposition Rift interroge en outre les notions de circulation et de déversement à travers les « débris impériaux », envisagés comme des dispositifs actifs qui perpétuent des modes de contrôle plutôt que d’ouvrir sur une configuration post-impériale.
EN TOURNÉE – Monologue de la forêt
Artistes : Béchard Hudon
Commissaire : Marie-Hélène Leblanc
À la Galerie d’art Foreman
Du 25 septembre au 5 décembre 2026
Vernissage le 25 septembre 2026
À VOX, centre de l'image contemporaine
Du 16 janvier au 13 mars 2027
Vernissage le 16 janvier 2027
Les forêts anciennes de l’Outaouais observées, écoutées et explorées durant plusieurs mois par le duo d’artistes Béchard Hudon, représentent non seulement des écosystèmes complexes et délicats, mais aussi des terrains de recherche qui appellent à la modestie et au respect. Ces forêts sont des espaces désordonnés où le sol jonché de bois en décomposition, promesse d’abri pour d’innombrables espèces, devient le maillon qui transforme la mort en vie nouvelle. Elles accueillent plusieurs types d’habitats interespèces les rendant tout à la fois essentielles et vulnérables. Les artistes visent ainsi, à travers une expérience inédite de ces forêts, à témoigner de la splendeur et de la fragilité de l’ensemble de ces habitats.
La Galerie UQO souhaite donner accès au processus de recherche et de création des artistes et propose un documentaire audio, produit par Marie-Hélène Frenette-Assad. Enregistré lors des périodes de résidence en forêt, ce documentaire participe au dévoilement de la démarche et de la méthodologie de recherche des artistes, Catherine Béchard et Sabin Hudon, tout en mettant en valeur les sciences forestières à travers les recherches des professeur·es Sylvain Delagrange, Frédérik Doyon et Audrey Maheu de l’Institut des Sciences de la Forêt tempérée.
- Monologue de la forêt - Entretien avec Frédérik Doyon et Béchard Hudon (épisode 1)
- Monologue de la forêt - Entretien avec Sylvain Delagrange et Béchard Hudon (épisode 2)
- Monologue de la forêt - Entretien avec Audrey Maheu et Béchard Hudon (épisode 3)